Camille Henrot


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Hauts-Reliefs

Moulages de sacs plastiques en grès et plâtre récupérés à Saquara, Le Caire, Egypte
Vue de l'exposition "Nous ne mourrirons pas ensemble" au Centre d’art Le Lait, Castres
© Camille Henrot. Photo Marc Domage
Courtesy the artist and kamel mennour, Paris

Ce projet réunit deux règnes du temps : le résultat d’une durée immense – la géologie –, et l’instant éphémère pendant lequel un sac plastique adopte cette forme, avant d’être balayé par le temps. C’est un dessin anachronique. Sur un plan spatial, l’objet réunit deux échelles : le détail infime, et l’érosion géologique d’un territoire. C’est à la fois un objet anecdotique et un objet historique. Un objet banal prend une valeur historique avec le temps, le même temps qui le fera disparaître au bout du compte. Ce travail est par ailleurs en relation avec l’art égyptien. Le haut-relief a précédé l’art du bas-relief chez les Égyptiens. Tout leur art était de plus tourné vers l’idée de survivre au temps et de prolonger la vie dans une éternité statique. Il en est de même pour ce sac plastique, voué à survivre dans sa forme. On pourrait ainsi reprendre la définition que donne G. Didi Huberman de l’interprétation organique de la plasticité, qui «réunit corps et style dans une même question de temps: survivance et métamorphose finiront par caractériser l’éternel retour lui-même, la forme dans sa vocation à l’informe».

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