Camille Henrot


  • Wolf Eyes
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Wolf Eyes

Nightshot vidéo, 5'
5 + 2 E.A
© Camille Henrot
Courtesy the artist and kamel mennour, Paris

Le film organise la confrontation d'images d'une foule en attente du concert du groupe Wolf Eyes et de cette même foule pendant le concert. Derrière les barreaux du zoo de Vincennnes, de nuit, de véritables  loups rôdent  Filmées en nightshot, les images racontent le fantasme de l'état sauvage que la musique noise exprime et que l'organisation de la foule en meute par le concert permet d'assouvir. Notre monde urbain et contemporain a  maitrisé la nature, a mis depuis longtemps l'animal derrière les barreaux. La fétichisation de l'animal incarnant l'état sauvage est elle liée à un rejet de cette situation de maitrise, finalement pesante ?

La musique noise est dégagée d'organisation et de mise en scène comme elle est aussi libérée de l'harmonie et de l'expression. Elle exprime un abandon et une violence qui tente d’approcher l’utopie d’un état "sauvage ". Aux gestes caractéristiques de la vie sociale des différents individus que la caméra isole dans la foule avant le concert s'oppose le mouvement compact uniforme de la  foule pendant le concert. Le titreWolf Eyes renvoie au groupe de musique noise qui porte le même nom et dont les images du concert sont au cœur du film. Mais Wolf Eyes ce sont aussi les yeux de cette caméra qui voit la nuit, rôde parmi la foule, et semble animée d'un désir de ce qu'elle filme,  un désir de  voir, de dévorer.

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